Paris, BnF, nouv. acq. fr. 4464 [transc. A. Sulpice]: II

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De trois povrez que ung preudhomme herberga, qui puis le delivrerent des diablez et des tourments d’enfer.

SummaryRésuméZusammenfassungSommarioResumen:
(Fr.) Histoire d’un père de famille libéré des démons par trois pauvres puis par la Vierge. Un très brave homme et fort honnête a pour habitude de recevoir chaque jour un pauvre en sa maison. La veille de la Toussaint, le prudhomme et sa famille offrent l’hospitalité à trois pauvres. Alors que l’homme s’était couché en excellente santé, on le retrouve le matin prostré sur le sol de sa chambre, rigide et froid comme une pierre. Il est alors baigné chaque jour afin de le réchauffer. Au bout de sept mois, l’homme se réveille mais pensant qu’il va bientôt mourir, convoque son fils ainsi qu’un prêtre auquel il rapporte son aventure, et demande à son fils d’imiter la dévotion paternelle. La nuit, il entendit une voix qui lui ordonna de se lever et qui le conduisit dans un champ d’une grandeur infinie où il fut laissé seul. Il entendit alors une multitude de diables pousser des cris des plus horribles et des plus effrayants, lui reprochant ses fautes et disant qu’il leur appartenait et qu’il ne pouvait s’échapper. Terrorisé, il tenta de fuir et vit devant lui une maison où il y avait deux portes. Il entra par la première et la ferma. Les diables arrivèrent et brisèrent la première porte. Il ne savait où aller. Á ce moment-là, il vit à ses côtés le premier pauvre qu’il avait recueilli la veille de la Toussaint. Ce dernier était là pour l’aider. Les démons brisèrent la deuxième porte et voulurent emporter le brave homme. Mais le deuxième pauvre apparut et le chassa les démons de cette porte. Ceux-ci escaladèrent la maison et en arrachèrent le toit. Vint alors le troisième pauvre qui, avec l’aide des deux autres, chassa les diables. L’homme en profita pour s’enfuir mais il entendit les diables le poursuivre. Il se retrouve au bord d’un fleuve très large et rempli de dragons et de serpents crachant du feu. Les démons lui crièrent d’entrer lui-même dans le fleuve sinon c?étaient eux-mêmes qui le jetteraient au milieu. Il aperçut alors un pont très haut et très étroit (à peine un demi-pied de large) qui paraissait atteindre le ciel. Poussé par la nécessité, il se mit à monter sur ce pont et s’éleva peu à peu, poursuivi par les démons. Arrivé au sommet, le pont disparut et l’homme se mit à pleurer ne sachant que faire, quant il vit de l’autre côté de l’eau, une dame très belle, grande jusqu’au ciel, qui lui dit être la Vierge Marie. Comme il avait récité à telle époque ? et elle lui indiqua ? chaque jour, à genoux, cinquante " Ave Maria" , elle désirait le sauver de ce mauvais pas et le ramener chez lui. Elle le prit par la main et le conduisit dans sa chambre. Resté tout nu et seul dans sa chambre, il s’écroula quasiment mort de peur. Il assura au prêtre et à son fils que son récit était vrai et encouragea ce dernier à accueillir les pauvres ainsi qu’a prier Notre Dame.
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Moult par est grant grace que Dieu donne a une personne, car il luy donne coeur humble et piteux envers les povres. Nous lisons un exemple digne de grant audience. Il fust ung preudhomme qui avoit acoustumé, chascun jour, [f. 3v] de rechepvoir ung povre en sa maison et de le aysier si comme il convenoit. Advint la veille d’une Toussaint que ung povre l’encontra, qui luy demanda l’ostel. Il luy ottroia et luy dist qu’il venist a la nuyt. Un aultre povre vint a sa femme si luy demanda aussy l’ostel et elle luy ottroia. Le tiers povre vint a la maisnie de l’ostel et luy demanda l’ostel et ilz luy ottroierent et luy dirrent qu’il venist a la nuit. Car l’ung ne sçavoit mot de l’aultre qu’il en y eust point de retenu. Quant ce vint a la nuyt que ces trois povrez vinrent, la maisnie fust toute esbahie. Maiz le sire de l’ostel en ot moult grant joye et moult bien les aisa. Advint aprés grant piece qu’il s’estoit une nuyt couchiet en son lit sain et haitiet. Lendemain, au matin, on le trouva tout nus emny sa chambre, estandu sur le pavement a terre, tout roide et aussy froit comme une pierre, ainsy comme mort. Sy fust baigniet chascun jour et chauffé, maiz il fust avant sept mois entiers qu’il fust en autel point comme devant. Le preudhomme vesquit puis grant tamps, maiz on ne sceut oncques comment se luy vint devant ce qu’il fust au lit de la mort. Adonc apella il son filz et le curé de la ville et commencha moult son filz a ammonester de faire aumosnes de pitié et de misericorde, ainsy comme il luy avoit veü faire, et puis leur dist comment ceste aventure luy estoit avenue. Et dist que la nuyt que ce luy avint, il oyt une vois qui luy dist [f. 4r] qu’i se levast et tantost ne sçay qui le prinst et le mena en ung trop grant pray. Et puis s’en ala cheluy qui l’avoit mené, et le laissa tout seul en ce pray. Et tantost, il oyt aprés luy sy grant multitude de dyables que nulz ne le peust nombrer, crians, ullans et braians trop horriblement aprés luy et luy repreuchoient et mettoient au devant tous les maulx qu’il avoit onques faiz et disoit qu’il estoit [leutre]. Celluy avoit tel peur qu’il ne sçavoit que faire. Sy commencha a fuir a une maison qu’il vist devant luy ou il avoit deux huis. Sy entra ens et ferma les deux huis sur luy. Tantost lez diables vindrent la et commencherent a brisier le premier huis. Ainsy comme il fust entrés grant angoisse et commencha a crier a haulx cris pour les diables qu’i veoit et sentoit sy prés de luy, ne il ne sçavoit quel part tourner et vint ung jovencel qu’il vist tantost encosté luy dedens la maison. Il luy dist : « N?ayez mye doubte de cest huis, car je te en deffendray bien, ne de ceste part n’as-tu garde ». Tantost il cacha lez dyablez ariere de cel huis. « Me congnois-tu point ? » dist chelluy juennil. « Je suys, dist-il, l’ung des trois povres que tu herbegas sy liement la veille de le Toussains, qui sy bien nous aisa ». « Adonc », dirrent les dyables, « alons a l’aultre huis ». Tantost ilz briserent l’aultre huys tout hors et ainsy comme ilz voloient cheluy ravir et emporter, ung aultre jouvenceaulx vint, qui le delivra et les encacha tous hors et luy dist qu’il est[oit] le second des trois povres qu’il avoit herbegé. Quant lez dyablez virent ce, sy monterrent sur la [f. 4v] maison et la descouvrirent et le voloient ja haper. Tantost le tiers de cheulx qu’il avoit herbegiet vint. Sy se assamblerrent cez trois jouvenceaulx ensamblez et cacherrent lez dyablez sy loingz qu’ilz n’en virrent maiz nulz, et lez jouvenceaulx ne retournerent oncques puis a luy. Quant le preudhomme se vist delivré, sy issit hors, et quant il eust grant piece alé par my le pray, il oyt de rechief lez dyablez crier aprés luy sans nombre. Sy commencha a fuir, tant qu’il vint a la rive d’ung fleuve lait et horrible et puant et a merveille largue, tout plain de souffre et de serpens et de dragons qui rendoient feu et flambe par lez gueullez, et luy crioient lez dyables ou qu’il entrast en ce fleuve ou ilz le getteroient ou milieu. Et il regardé; sy vist devant luy ung pont sy hault qu’il luy sambloit qu’il touchat au ciel et sy estroit qu’il ne luy sambloit mye qu’il eust demy piet de largue. Touttefoiz de peur et d’angoisse convint qu’il y montast. Quant il fust dessus, plus aloit avant, plus aloit legierement, et lez dyablez le commencherent a fuyr par dessus le pont. Maiz ilz ne se pooient longuement tenir qu’il ne trebuchassent aval. Ainsy ala tant qu’il vint au milieu au plus hault, et la luy fallit le pont qui n’aloit plus avant. Or fust a plus grant meschief que devant, qu’il ne pooit aler avant et il ne retournast pour morir. Sy commencha a plourer et a faire moult grant doeul et il lievé les yeulx. Sy vist d’aultre part la rive une dame belle sur toutez beaultez, qui avenoit jusques au ciel et luy dist qu’elle estoit la Mere de miséricorde, sainte Marie, Mere [f. 5r] de Jhesucrist. « Et pour ce », dist-elle, « que tu as eu en coustume de moy saluer chinquante foiz a genoulx, je te delivreray de cel peril ». Adonc la doulce, la debonnaire, qui a ceulx qui la servent ne fault oncques a besoing, le prist par la main et le remena et mist dedens sa chambre. Quant il fust la, et il estoit tout nus, sy fust encore sy effrés de peur et de meschief qu’il avoit eu, qu’il cheït tout estendus sus le pavement de sa chambre quant Nostre Dame s’en fust partie. Et il demoura jusques a lendemain qu’il fust trouvé, comme vous avés oy, aussy comme mort tant de froit comme de peur. Cez chosez racompta le preudhomme estre vraies ou peril de l’ame de luy et ammonestoit moult son filz de trois choses : de aumosnes faire, de herbegier vollentiers povres gens et de saluer Nostre Dame et prier souvent et devotement. Et vous avez oy comment ces choses luy valurent.

SourcesSourcesQuellenFontiFuentes:

Stephanus de Borbone, Tractatus de diveris materiis praedicabilibus [éd. Berlioz, 2002], 186.

CommentaryCommentaireKommentarCommentoComentario:

Ce légendier suit la composition de la Legenda aurea tout en omettant et en ajoutant de nombreuses vies (pour cela, consulter la base informatique Jonas de la section Romane de l’IRHT). Ce recueil de vies de saints, qui s’étend du feuillet 25r au feuillet 218r, est encadré d’exempla : au début du manuscrit, du feuillet 1r au feuillet 6v, trois contes du salut précèdent les divers tourments du livre des visions saint Pol ainsi que le purgatoire de saint Patrice; à la fin du manuscrit, à partir du feuillet 228r jusqu’au feuillet 235v, les deux derniers feuillets étant consacrés aux dîmes, se trouvent huit exempla.

ReferencesRéférencesReferenzenRiferimentiReferencias

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CataloguesRépertoiresVerzeichnisseRepertoriCatálogos:
  • Thompson Stith, 1975. Motif-Index of Folk-Literature. A classification of narrative elements in folktales, ballads, myths, fables, mediaeval romances, exempla, fabliaux, jest-books and local legends, Revised and enlarged edition, Bloomington - Londres, vols. 6. F152.
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